Suite aux réponses au sondage posté sur Instagram, je vais vous livrer les raisons de mon opération et surtout ce qui m’a conduit à prendre cette décision. Peut-être cela pourra-t-il aider d’autres personnes…
Attention, comme à mon habitude, je ne mettrai aucun filtre et certain propos seront clairement gores… âmes sensibles vous voilà prévenues.
J’ai 45 ans cette année, je suis donc de la génération qui été bercée par « c’est normal d’avoir mal pendant les règles ». Pour ma part, je m’estime chanceuse car j’ai évité cela, toutefois, j’ai toujours vu ma mère perdre énormément, que ce soit du sang ou des caillots. De fait quand cela m’est arrivé, au début, je ne me suis pas inquiété, surtout que cela était « raisonnable ». Ma vie de femme s’est déroulé ainsi jusqu’en 2014 où j’ai pris la décision de me faire ligaturer les trompes après mon deuxième enfant. Ma contraception du moment (pilule) ne me convenait plus et n’était plus en adéquation avec mon diagnostic de migraines chroniques. J’ai dû batailler car âgée de 33 ans, cela dérangeait. J’ai obtenu satisfaction et pu avoir ma ligature.
Mon corps est revenu à une gestion normale des cycles et j’avoue que le changement a été brutal les premiers temps mais tout est rentré dans l’ordre. Au fil des années, je n’ai rien noté de particulier et j’ai continué de vivre avec mes cycles comme toute femme. Et puis les années passant, j’ai commencé à m’apercevoir de certains détails qui au fil s des mois et des années ont fini par me pourrir la vie au point j’en suis venue à détester ma condition de femme à cause de mes règles. Mes règles duraient 3-4 jours avec une quantité perdue affolante, je devais me changer 5 à 6 fois par jour. Je priais pour que ça tombe en we pour ne pas être embêtée au travail. Et puis plus rien pendant 2 jours et enfin jusqu’à mon ovulation, je recommençais à perdre mais pas du sang à proprement parler. Je faisais su spotting. Je devais donc être protégée quasiment 15 jours par mois. Outre l’aspect vraiment peu ragoutant de la chose, la quantité de sang et la taille des caillots que je perdais à commencé à m’inquiéter de plus en plus. Jusqu’au jour de 2024 où en me douchant, j’ai cru perdre mon utérus vraiment. Là ça a été la perte de trop, je devais faire mon bilan annuel. J’ai pris rendez-vous chez ma sage femme et je lui ai tout expliqué. Nous sommes en avril 2024.
Parce que les règles n’étaient qu’une toute petite partie du problème. A côté de ça, j’avais d’autres symptômes que je n’avais pas lié à mon problème de règles. un des symptôme les plus gênants et qui m’a fait me poser beaucoup de question sur moi même a été la douleur à la pénétration au point que même la sage femme avait du mal à faire les examens. J’avais aussi un léger problème de vessie. En gros, j’étais devenue une vieille, je ne pouvais plus me retenir. Quand j’envie était là, il ne me fallait aucun obstacle sur la route des toilettes et ça, plusieurs fois par jour, je pensais que ça venait des reins… Des douleurs dans le bas ventre comme si ça allait exploser, un transit qui faisait ce qu’il voulait, un vrai bonheur… La fatigue au quotidien au point d’être épuisée de faire la vaisselle et les carences qui n’ont jamais trouvé d’explications.
Ma sage femme, au regard de ce que je lui ai expliqué sur mes règles et de ce qu’elle a constaté, m’a envoyé faire une echo pelvienne en juillet 2024. Lors de l’examen, les deux médecins qui étaient là ne trouvaient rien mais ont eu le sentiment qu’il y avait quelque chose et ont demandé à ce que je passe une IRM pelvienne. J’ai donc passé l’examen en août 2024 et le diagnostic est tombé : ADENOMYOSE.
Il faut savoir que j’ai eu une chance folle d’avoir eu ma sage femme et des médecins lors de l’échographie qui ont senti que ce n’était pas normal, car un diagnostic comme le mien prend bien plus longtemps habituellement. On parle d’années en général. Pour l’endométriose, même si les choses évoluent, c’est encore long. L’adénomyose c’est encore pire car c’est encore moins connu que l’endométriose. Je m’estime très chanceuse d’avoir eu un diagnostic en si peu de temps.
Après les examens, j’ai revu ma sage femme, qui m’a expliqué les différents options qui s’offraient à moi. En discutant avec elle et au regard de mon passé médical, nous étions d’accord pour dire que l’ablation de l’utérus semblait la bonne solution. J’étais totalement pour et elle m’a pris rendez-vous avec un chirurgien afin de discuter des options.
En septembre 2024, j’ai donc rencontré une chirurgienne et là, mon enfer personnel a commencé. Elle a étudié mon IRM sous toutes ses coutures et elle m’annonce que l’opération est impossible. Je lui demande pourquoi et elle explique que j’ai des adhérences entre mon utérus et les organes à côté (vessie, intestins, vésicule biliaire) et que ça complique l’opération. Dans son discours, je suis un monstre de foire. Je m’effondre dans le cabinet car je comprends que je vais devoir encore endurer mes règles dont je ne veux plus. Elle me propose alors de me mettre son contraception. Je lui explique être ligaturée et ne pas comprendre sa proposition. Elle me répond que la contraception a pour objectif de mettre l’utérus au repos et de couper les règles, elle veut m’imposer un stérilet ce que je refuse. Je luis explique qu’avec mes migraines, les hormones sont déconseillées, elle insiste encore. S’en suit un bras de fer pendant de longues minutes et je finis par céder sur une nouvelle pilule qu’elle me donne sans m’expliquer ni les conséquences, ni la méthode de prise. Elle veut me revoir 3 mois plus tard pour faire le point et éventuellement reparler de l’opération.
Je sors de là démoralisée, je récupère ma pilule, dont c’est la pharmacienne qui m’explique le fonctionnement et je commence mon traitement. Afin d’avoir des éléments pour le rendez-vous de contrôle, je tiens un journal de tout ce que je vis à cause de la pilule (douleurs, spotting, saignements, migraines) et cela sur 3 mois. Je vis littéralement un enfer, mes migraines deviennent ingérables et ce malgré le traitement de fond que je prends tous les jours. Je suis obligée de me protéger tous les jours puisque la pilule provoque des saignements aléatoires et que je ne peux pas prendre le risque de me tâcher au travail. Je souffre, je suis d’une humer de chien (Godzilla est un ange à côté de moi) et enfin arrive le rendez-vous de contrôle.
J’arrive confiante avec mon journal et lui donne pour qu’elle se rende compte que ce n’est pas possible pour moi de continuer comme ça. La chirurgienne regarde et me dit « ah oui effectivement ça n’a pas été facile ». Elle refait un tour sur l’IRM, m’ausculte enfin (chose qu’elle n’a pas fait la première fois) et m’explique que non elle n’opèrera pas en raison des complications anatomiques déjà évoquées mais aussi à cause de mon abdominoplastie (faite avant la ligature des trompes suite à mes deux césariennes). Elle me rassure en disant « vous garderez la pilule jusqu’à la ménopause », là c’est la phrase de trop, je la regarde droit dans les yeux et lui réponds « oh je ne crois pas non, j’en ai encore pour au moins 10 ans et votre pilule je ne la garderai pas 10 ans de plus! ». On en reste là et je sors une fois de plus dépitée.
Je passe 2025 à subir les effets de la pilule, j’ai dû faire revoir mon traitement de fond pour les migraines afin de soulager au moins ces douleurs là car cela reste ma priorité. Et un jour en scrollant sur TikTok, je tombe sur une femme qui parle de sa prochaine opération et explique avoir les même difficultés anatomiques que moi. je regarde les commentaires et vois qu’elle va être opérée à Bordeaux. Je cherche le nom de son chirurgien et fonce. C’est pour le signe que je dois le faire. Je leur envoie un message pour prendre rendez-vous pour avoir un deuxième avis sur mon état. J’ai besoin de savoir si je suis vraiment inopérable ou pas. Nous sommes en novembre 2025. Je reçois un lien pour remplir un questionnaire, je m’exécute et moins d’une semaine après j’ai un rendez-vous avec un chirurgien pour le 22 décembre 2025.
Je mets tous mes espoirs dans ce rendez-vous au risque d’être déçue une nouvelle fois mais je dois tenter ma chance. Je rencontre le chirurgien qui lui aussi relis mon IRM et là il est clair avec moi. Je sui opérable. Rien n’est insurmontable. Oui j’ai des adhérences mais c’est normal après 2 césariennes. Mon abdominoplastie ne gêne en rien. Il m’explique les risques pour ma vessie mais est rassurant. Au regard des antécédents de cancers de ma mère, il décide de me retirer également les trompe et le col de l’utérus afin d’éviter tout risque de cancer. Il confirme avec moi qu’il n’a pas de désir de 3ème enfant et enfin la date l’opération est fixée : 26 février 2026.
Après les rendez-vous d’usage et l’organisation de la maison et du travail (oui oui du travail, non mais je vous jure….), le jour J est arrivé. Passage aux admissions pour les derniers détails, montée à l’étage pour la perception de la chambre individuelle (merci !!) et préparation pour le bloc. Je devais passer au bloc à 11h40, ils sont venus me chercher à midi. Je suis rentrée dans le bloc à 13h, l’équipe à été top, tout le monde a été au petits soi,s. Le chirurgien était là il est venu discuter et s’est assuré que tout allait bien. Après un petit moment de flottement pour l’infirmière anesthésiste qui n’arrivait pas à me piquer (paraît que j’ai veines un peu fines ^^), je me suis endormie… pour me réveiller un peu avant 17h en salle de réveil.
Là aussi, l’infirmière était géniale hyper douce et attentive. seuil de douleur à 8/10, mais j’ai refusé les anti douleurs. Pourquoi ? Je ne savais pourquoi j’avais mal, un comble hein ? Je sentais une douleur à la vessie sûrement liée à la sonde mais en toute honnêteté, je ne suis pas sûre d’avoir eu mal là où j’ai été opérée, donc ne sachant pas vraiment où j’avais mal et pourquoi j’ai préféré refuser les anti douleur pour voir si ça allait passer. C’est pas passé mais c’était supportable.
A 18h passées, je suis remontée en chambre et j’ai pu rassurer mes hommes. Soyons clairs la première nuit n’est pas la plus reposante mais j’ai quand pu dormir par phase de 2-3 heures entre 2 réveils. J’ai eu des anti-douleurs pour la nuit et une infirmière au top trop mims. Au réveil, elle m’a retiré la sonde urinaire et la mèche que le chirurgien avait mis au niveau du vagin (spoiler alert : c’est horrible !). Une fois libérée de toute ça, je me sentais un peu plus libre de mes mouvements. J’ai eu le droit de me lever sous surveillance pour mon premier pipi et vérification que la vessie fonctionnait bien et la toilette au lavabo. Vers 11h, j’ai eu la confirmation que je pouvais sortir dans l’après-midi.
Mon mari est arrivé vers 13h et après m’avoir aidé pour ranger mes affaires et finir de m’habiller, nous avons pu quitter la clinique (après fait le tour des services pour les formalités bien sûr !). Le retour en voiture c’était pas génial mais pas le choix. Entre la position et les secousses de la voiture ben on a serré les dents, une fois à la maison, le canapé me tendait les bras et depuis nous sommes hyper fusionnels tous les deux. A savoir que je suis actuellement arrêtée jusqu’au 29 mars 2026, avec interdiction de port de charges, de sport, de prendre des bains, de rapports sexuels avec pénétration, repos complet, alimentation conseillée fruits et légumes cuits (je fais une cure de compote, soupe et purée). J’ai des piqûres d’anticoagulants pour une semaine avec port de bas de contention la journée et je peux marcher en fonction de mes capacités. Je revois mon chirurgien le 30 avril 2026 pour le rendez-vous post-opératoire.
A VENIR PROCHAINEMENT
A VENIR PROCHAINEMENT
A VENIR PROCHAINEMENT
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Je vous mets ici des liens qui peuvent vous aider si jamais vous êtes concernées ou si vous connaissez quelqu’un qui pourrait avoir besoin de ces informations.
